Sylvanus Angelo Aïssi, cadre du Bloc Républicain, s’est livré hier mardi à un exercice d’explication détaillée de la révision constitutionnelle adoptée dans la nuit de jeudi à vendredi. Devant une salle comble au siège de son parti, à Cotonou, l’acteur politique a salué une réforme « déterminante » tout en invitant à un débat national « serein et responsable ».
D’entrée, Aïssi a planté le décor : la révision, affirme-t-il, est le résultat d’un « processus long et exigeant », mobilisant savoir-faire juridique, choix politiques assumés et sens des responsabilités. Il a tenu à souligner « la rigueur » avec laquelle les députés ont examiné les dispositions retenues, malgré des divergences d’approche. « Les défis du pays appellent des institutions plus stables et mieux ajustées », a-t-il martelé. Parmi les changements adoptés, deux mesures dominent les débats. La première est l’allongement du mandat du président de la République, des députés et des élus locaux à sept ans. Une transformation majeure qui, selon Aïssi, permettra de donner davantage de cohérence à l’action publique. Un mandat plus étendu offrirait, dit-il, la possibilité de mener des réformes structurelles sans être constamment freiné par les échéances électorales. À l’Assemblée, cela se traduirait par une plus grande continuité dans le travail parlementaire. Dans les communes, par une capacité accrue à conduire des projets d’envergure.
Autre chantier ouvert par la réforme : la création d’un Sénat. Aïssi y voit une avancée institutionnelle majeure. Cette chambre haute, appelée à compléter l’Assemblée nationale, pourrait devenir un espace de représentation pour les collectivités territoriales et les forces socio-professionnelles. L’objectif : renforcer la qualité du travail législatif et mieux relier les réalités locales aux décisions nationales. « C’est un nouvel étage dans l’architecture républicaine », a-t-il expliqué. Si ces mesures suscitent déjà discussions et interrogations, Aïssi appelle à un esprit d’ouverture. Les citoyens, les médias et les institutions, souligne-t-il, auront un rôle déterminant pour permettre une compréhension claire et apaisée des changements adoptés. L’acteur politique dit rester disponible pour contribuer à cette pédagogie institutionnelle. « Cette réforme ouvre une nouvelle page de notre histoire politique », a-t-il conclu. « À nous de la remplir avec lucidité, responsabilité et exigence. »
