Bénin : le Système des Nations Unies sensibilise son personnel sur la violence numérique faite aux femmes et aux filles
Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, le Système des Nations Unies au Bénin a organisé ce vendredi 28 novembre 2025, au siège du Programme Alimentaire Mondial à Cotonou, une session de sensibilisation destinée à son personnel. Sous le thème mondial « Tous unis pour mettre fin à la violence numérique faite aux femmes et aux filles », l’initiative vise à renforcer la compréhension des violences basées sur le genre facilitées par la technologie, un phénomène en forte progression.

Dans son discours d’ouverture, Ali Ouattara, représentant du PAM, a rappelé l’ampleur du problème. Selon lui, 38 % des femmes subissent des violences en ligne, un chiffre alarmant qui ne cesse de croître. « Les risques ne cessent d’accroître », a-t-il déploré, invitant le personnel du Système des Nations Unies à renforcer sa connaissance des VBG et à faire preuve d’exemplarité. Il a rappelé que la violence contre les femmes et les filles demeure un fléau mondial, appelant à une mobilisation collective pour mettre fin à cette crise.

Dans son intervention, Dr Jasmine, Présidente du Groupe de Travail Inter Agence sur le Genre, l’Inclusion, la Diversité et les Droits, a précisé que le GIDD, créé en 2023, œuvre à intégrer l’égalité de genre, la prévention des abus et les droits humains au sein des politiques et programmes du Système des Nations Unies. Elle a rappelé que les 16 jours d’activisme, du 25 novembre au 10 décembre, constituent une campagne internationale majeure, soulignant que toute violence contre les femmes est une violation fondamentale des droits humains.
La présentation technique a mis en lumière l’ampleur des violences numériques au Bénin, où le taux de pénétration d’Internet atteint 69 %. Les formes de violences sont multiples : harcèlement en ligne ; usurpation d’identité ; surveillance numérique ; pornographie non consentie ; manipulation d’images par intelligence artificielle ; violations de la vie privée ; sextorsion. Ces agressions, facilitées par l’anonymat et l’absence de frontières, deviennent omniprésentes, virales et parfois perpétuelles. Les impacts sont tout aussi graves : anxiété, dépression ou stress post traumatique ; perte d’emploi ou réputation endommagée ; stigmatisation ou isolement social ; risques de violences physiques hors ligne, automutilation ou féminicide. Beaucoup de victimes subissent en silence, par peur du jugement ou par manque d’informations sur les recours disponibles.
L’UNFPA a appelé à une mobilisation urgente pour renforcer le programme Making All Space Safe (MASS), qui vise à prévenir et répondre aux violences numériques. Le soutien attendu porte notamment sur le renforcement des outils pédagogiques et de protection ; l’extension des formations à l’échelle nationale ; l’appui aux acteurs institutionnels et communautaires ; le développement de solutions innovantes pour sécuriser les espaces numériques.
En clôturant la session, Dr Jasmine a encouragé le personnel à s’impliquer davantage dans la prévention, l’écoute, la protection et le signalement des cas de violences numériques. Elle a également salué le soutien constant de la Coordonnatrice Résidente dans la mise en œuvre des initiatives du GIDD.
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