La Coordination nationale du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN Bénin) a organisé, mardi 18 novembre 2025, la onzième édition de son programme d’échanges « Rendez-vous du REMAPSEN ». Cette rencontre a été entièrement consacrée à un sujet de santé publique majeur : la prévention des complications liées au diabète sucré.

L’animation scientifique était assurée par le Dr Dieu-donné Tougbeto, médecin urgentiste, dont l’intervention a permis d’apporter un éclairage approfondi sur la maladie, ses mécanismes, ses facteurs de risque et les stratégies efficaces pour limiter ses impacts. Il a rappelé que le diabète sucré est une affection marquée par une hyperglycémie chronique et qu’il constitue un enjeu sanitaire croissant.
Le spécialiste a pris soin de distinguer le diabète sucré, très répandu dans la population, du diabète insipide, une forme rare et moins préoccupante. Il a rappelé les quatre types classiquement recensés : le diabète de type 1, insulino-dépendant, représentant près de 10 % des cas ; le diabète de type 2, non insulino-dépendant, forme la plus courante au Bénin, dépassant 90 % des cas et fortement associé à l’âge, à la sédentarité et à l’obésité ; le diabète gestationnel et les diabètes secondaires à d’autres pathologies.
Abordant les causes du diabète de type 2, le plus fréquent dans le pays, Dr Tougbeto explique : « sa prévalence augmente parallèlement au vieillissement, à la sédentarité et au problème de l’obésité, surtout dans les populations des pays, surtout comme notre population. Le diabète non insulino-dépendant résulte de la conjonction de plusieurs gènes de susceptibilité, dont l’expression liée au vieillissement dépend des facteurs d’environnement, au premier rang desquels la consommation excessive de graisse saturée et de sucre rapide, ainsi que la sédentarité. »
Il a également rappelé que le glucose ne se limite pas au sucre classique : pain, pâtes, riz, tubercules, fruits et céréales en sont des sources. Le glucose demeure indispensable au fonctionnement du corps. C’est pourquoi il précise : « Contrairement à ce qu’on a tendance à faire qui devient hypoglucidique, parce qu’il faut le rappeler, le glucose est essentiel pour l’organisme. Nous avons besoin pour chaque apport énergétique à travers l’alimentation, au moins 50 à 55% de glucose. »
Dépistage et personnes à risque
Le Dr Tougbeto a indiqué que la glycémie normale à jeun oscille entre 0,7 et 1,10 g/L. Le diagnostic du diabète est posé lorsque la valeur excède 1,26 g/L à deux reprises. Les adultes de plus de 35-40 ans, les personnes obèses et celles ayant des antécédents familiaux sont les plus exposées.
Il a aussi tenu à clarifier la différence entre hyperglycémie et hypoglycémie : la première correspond à un excès de glucose, tandis que la seconde, définie en dessous de 0,5 g/L, est plus dangereuse en raison de ses effets immédiats.
Concernant la possibilité d’une guérison, le médecin confie que seule la forme secondaire peut parfois être guérie lorsque la cause initiale est traitée. Pour les autres formes, notamment le type 2, l’enjeu est le contrôle de la maladie. « On peut contrôler le diabète, de telle sorte qu’à travers nos mesures thérapeutiques, tout ce qu’on va mettre en pratique, on peut contrôler ça et éviter les complications. Donc la personne peut être diabétique, bien contrôlée et ne va pas présenter de complications à vie. »
Prévenir avant tout
Le conférencier a insisté sur l’importance d’une prévention rigoureuse basée sur les mesures hygiéno-diététiques : pratique régulière d’une activité physique adaptée ; alimentation équilibrée pauvre en graisses, en sucres rapides et en sel, sans éliminer totalement le glucose. Le régime doit rester normoglucidique et ajusté selon le profil de chacun, surtout en cas de surpoids. Il recommande également : la réduction, voire l’arrêt, de la consommation d’alcool ; le contrôle du poids ; un accompagnement nutritionnel par un diététicien ; un dépistage fréquent en présence de facteurs de risque ; une hygiène de vie saine et l’usage d’un glucomètre pour l’auto-surveillance.
Le médecin appelle par ailleurs à la prudence vis-à-vis des produits prétendument « sans sucre », qui peuvent renfermer d’autres formes de glucides. Il conclut en ces termes : « voilà autant de choses qui peuvent nous aider à vraiment contrôler ce diabète et à prévenir, à l’éviter autant que possible. »
Abbas TITILOLA
benin-news.bj, l’information autrement.
