Interpellations massives à Parakou : comment l’affaire du “Chill” a coûté son poste au Ddpr du Borgou
La décision est tombée rapidement, signe que l’affaire était jugée sensible au sommet de l’État. À Parakou, l’interpellation massive de jeunes lors d’un événement culturel baptisé « chill », dans la nuit du 2 janvier 2026, n’a pas seulement provoqué l’indignation de l’opinion publique : elle a surtout mis en lumière des manquements graves dans la gestion du maintien de l’ordre.
À l’origine, il s’agissait d’un rassemblement festif organisé dans le cadre de la 7ᵉ édition de « la guerre des clans », un concept culturel porté par le promoteur Omar Edikou, alias Omar Le Riche dans le troisième arrondissement de Parakou. Si les autorités policières ont invoqué des raisons de sécurité et de non-conformité administrative, la méthode employée a rapidement soulevé de sérieuses interrogations.
Plus de 400 jeunes interpellés en une seule nuit, conduits dans plusieurs commissariats, sans violence signalée majeure au préalable. Pour beaucoup, l’opération est apparue excessive, mal encadrée et contraire au principe de proportionnalité qui doit guider les missions de maintien de l’ordre.
Dans les heures ayant suivi l’intervention, les premières déclarations attribuées aux autorités de la Police républicaine du Borgou, relayées par certains médias locaux, faisaient état de la saisie présumée de stupéfiants sur les lieux. Il était alors question de comprimés et de boissons psychotropes dont la nature exacte restait à déterminer, ainsi que de « chanvre indien » et de cartouches de chicha au contenu jugé suspect. Toutefois, aucun détail officiel n’est par la suite venu étayer publiquement ces affirmations.
Des gardes à vue sans suite judiciaire
Après près de 48 heures de garde à vue, réparties dans plusieurs commissariats de la ville de Parakou, l’ensemble des personnes interpellées ont finalement été libérées sans condition, dans la matinée du dimanche 4 janvier 2026.
Aussitôt remis en liberté, de nombreux jeunes se sont rendus à la Direction départementale de la Police républicaine du Borgou afin de récupérer leurs motos et téléphones portables, saisis lors de l’opération.
La réaction rapide du ministère de l’Intérieur
Face à l’ampleur de la polémique, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a adopté une position inhabituelle par sa fermeté. Dans un communiqué officiel, il a déploré une situation ayant donné lieu à une bavure policière, avec des désagréments causés à de nombreuses personnes.
En conséquence, le ministère a relevé le Directeur départemental de la Police républicaine du Borgou de ses fonctions et présenté des excuses officielles aux personnes interpellées. Ci-dessous le communiqué 👇

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