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JIF 2026 : Galien Africa appelle à renforcer le leadership féminin dans les politiques de santé

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Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, l’organisation Galien Africa a tenu, le 11 mars 2026, un webinaire consacré au rôle stratégique des femmes dans la transformation des systèmes de santé. Experts africains et internationaux y ont exploré les leviers d’influence féminine ainsi que les solutions de financement adaptées à un contexte marqué par la contraction de l’aide extérieure.

Pour Sennen Hounton, représentant de UNFPA, l’avenir repose sur une priorisation accrue des budgets nationaux. Il cite des exemples concrets : Cap-Vert consacre 13 % de son budget à la santé, tandis que Sierra Leone investit 25 % dans l’éducation. Il préconise également des taxes ciblées sur des produits comme l’alcool, le tabac ou les boissons sucrées pour financer la santé publique. D’autres mécanismes, tels que les échanges dette-contre-investissements sociaux ou les initiatives de solidarité, peuvent dégager des ressources supplémentaires. Des programmes comme SWEDD permettent par ailleurs de maximiser l’impact des financements, à condition d’y intégrer des indicateurs sensibles au genre.

Un financement “intelligent” au service des femmes

De son côté, Caty Fall Sow, de la Fondation Gates, plaide pour un financement stratégique et catalytique. Elle insiste sur la nécessité de renforcer le pouvoir d’influence des femmes leaders grâce à des données fiables, des institutions solides et des réseaux efficaces.

La fondation prévoit un investissement massif de 200 milliards de dollars sur 19 ans pour soutenir les systèmes de santé et l’autonomisation économique des femmes. Elle met aussi en avant le lien étroit entre santé et agriculture : soutenir les femmes agricultrices améliore la nutrition, stabilise les revenus et renforce la résilience des communautés, tout en favorisant leur autonomie économique.

Influencer les politiques publiques

Au Sénégal, Fatou Samba Ndiaye, à la tête de Association des Femmes Médecins du Sénégal, insiste sur la nécessité pour les femmes d’investir les sphères de décision, y compris les ministères clés, afin de peser sur les choix budgétaires.

Elle souligne l’importance de démontrer l’impact économique des investissements en santé des femmes : améliorer leur santé profite directement aux familles et aux économies locales. Le plaidoyer collectif joue également un rôle déterminant, notamment pour atteindre des objectifs comme 90 % de couverture vaccinale contre le HPV d’ici 2030. La formation des futures лидers en diplomatie sanitaire, gouvernance et communication complète cette dynamique.

Repenser les modèles de financement

Selon N’da Konan Michel Yao de Organisation mondiale de la santé, la baisse des financements internationaux impose une refonte des approches. L’accent doit être mis sur des réformes fiscales, une meilleure allocation des ressources et la mise en place de taxes sur les produits nocifs réinvesties dans la santé des femmes et des enfants.
Il évoque également le rôle des partenariats public-privé, des fonds d’innovation et des investissements à impact pour soutenir les start-ups et la production locale. L’intégration systématique de critères de genre dans ces dispositifs est jugée essentielle, tout comme le soutien à l’entrepreneuriat féminin.

L’expérience du terrain au sommet de l’État

Enfin, Raymonde Goudou Coffie a partagé son expérience en matière de gouvernance. Elle rappelle que si les femmes représentent 56 % des effectifs de santé en Afrique subsaharienne, moins de 15 % occupent des postes décisionnels.

Elle met en avant plusieurs leviers efficaces : collaboration étroite avec les plus hautes autorités de l’État, implication du ministère du Budget, mobilisation des partenaires techniques et financiers, et promotion d’une gouvernance inclusive favorisant la nomination de femmes à des postes clés.

Sous son impulsion, des mesures comme la budgétisation sensible au genre, la taxation des produits nocifs et le financement basé sur la performance ont permis une hausse significative du budget de la santé, dépassant 200 % de progression cumulée. Ces ressources ont servi à renforcer les infrastructures et à améliorer la vaccination maternelle et infantile.

Une conviction partagée

Au terme des échanges, une conclusion s’impose : placer les femmes au cœur des décisions et des mécanismes de financement constitue un levier incontournable pour renforcer les systèmes de santé, promouvoir la justice sociale et accélérer le développement durable en Afrique.

benin-news.bj, l’information autrement.

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