Le capitaine Ibrahim Traoré, à la tête du Burkina Faso depuis septembre 2022, pourrait désormais se présenter aux prochaines élections présidentielle, législatives et communales. Cette possibilité découle de la nouvelle Charte de la Révolution, adoptée le vendredi 27 mars 2026 par l’Assemblée législative de transition (ALT).
Ce texte marque un tournant symbolique et politique. Il introduit une nouvelle terminologie en remplaçant la notion de “Transition” par celle de “Révolution”. Dans le même élan, l’ALT devient l’Assemblée législative du peuple, tandis que le gouvernement de Transition est rebaptisé gouvernement du peuple.
Déjà prolongé en mai 2024 pour une durée de 60 mois, le mandat transitoire d’Ibrahim Traoré repoussait l’échéance électorale à l’horizon 2030. Avec cette nouvelle charte, une étape supplémentaire est franchie : le chef de l’État pourra désormais être lui-même candidat lors de futurs scrutins.
À son arrivée au pouvoir, le capitaine Traoré avait pourtant fixé un cap clair, promettant de rétablir la sécurité et d’organiser des élections dans un délai de six à douze mois. Un engagement rappelé par Newton Ahmed Barry, ancien président de la Commission électorale burkinabè, qui souligne que l’objectif affiché était de vaincre le terrorisme en six mois avant de restituer le pouvoir à un dirigeant élu.
Cependant, près de quatre ans après, aucun scrutin n’a été organisé. À l’instar du Mali et du Niger, les autorités burkinabè invoquent toujours un contexte sécuritaire fragile pour justifier ces reports successifs.
Si la nouvelle charte ouvre théoriquement la voie à des élections, elle laisse planer des incertitudes sur leur calendrier réel. Pour de nombreux observateurs, le retour à un ordre constitutionnel normal reste encore difficile à cerner.
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